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Jeudi 2 juillet 2026, Hadrien Tralli, chargé de projets génie civil à la SHEM, organisait la visite d'un chantier d'importance sur le barrage d'Orédon, le plus ancien des Pyrénées (construit entre 1870 et 1883) et dont la capacité maximale d'exploitation est de 7.3 millions de m3.
Un barrage à adapter aux nouvelles conditions climatiques
Exploité depuis 2010 par la SHEM, le barrage d'Orédon assure à la fois la production hydroélectrique avec les eaux de la retenue qui, après un passage par L'Oule, sont turbinées à l’usine d’Eget mais également l’alimentation du Système Neste, à hauteur de 10 millions de m3 /an (1).
Comme pour le barrage de l'Oule, le chantier en question, étudié depuis de nombreuses années (2) a pour but de se conformer aux réglementations des organismes professionnels ainsi qu'à l'arrêté du 6 août 2018 fixant des prescriptions techniques relatives à la sécurité des barrages, notamment en cas de crues exceptionnelles.
Ainsi, un barrage de classe A édifié en remblai comme celui d'Orédon doit dorénavant pouvoir résister à une crue décamillénale, c'est à dire pouvant survenir statistiquement une fois tous les 10 000 ans. L'évacuateur de crues actuel dimensionné pour une crue centennale, avec un débit maximal d’environ 50 m³/s doit donc être recalibré pour porter cette capacité à 213 m³/s.
Une solution technique innovante
Pour ce faire, le nouvel ouvrage créé aura une forme de labyrinthe qui augmentera la capacité d’évacuation sans emprise supplémentaire au sol (voir visuel).
Les eaux seront ensuite conduite dans un tunnel souterrain de 128 mètres de long et de 4,60 mètres de diamètre. Ce projet dit « en
galerie » s'avère plus respectueux pour le paysage, l'environnement et la faune locale que l'élargissement de la descenderie existante, un temps envisagé.
La galerie passera sous la RD 177 et se poursuivra jusque dans un pierrier situé en aval avec un "saut à ski" pour dissiper, à la sortie, l'énergie du jet d'eau. Ce même pierrier servira à recevoir les remblais liés aux différents terrassements réalisés sur le site, ce qui évitera les transports des matériaux sur des routes que l'on sait étroites.
L'ensemble du dispositif a été testé via un modèle réduit par un laboratoire hydraulique.
L'évacuateur de crues existant sera, quant à lui, conservé pour servir en cas de crues décennales.
Les travaux se dérouleront sur les exercices 2026, 2027 et 2028 d'avril à octobre (3) pour un budget global estimé, en 2023, à près de 7 millions d'euros.
Les différentes phases de ce chantier sont expliquées dans ce lien : https://sco.lt/85nrEG
Mise en place du chantier en 2026
En cette année 2026, une vingtaine de personnes sera mobilisée. sur le chantier pour procéder à :
- l'installation du chantier (base vie sur le visuel) et de la signalétique, avec alternat de circulation, création des chemins d'accès pour les engins de chantier ainsi que des passages piéton sécurisés sur la couronne du barrage et sur le cheminement conduisant au parking ...
- la sécurisation des versants du chantier (filets de protection et grillages métalliques sur les falaises pour éviter la chute de blocs, purges et déroctage, ancrage de confortement des blocs instables ...
- le terrassement d'une piste d'accès pérenne en amont du barrage permettant aux engins de creuser l’auge collectrice du labyrinthe d'une profondeur de 10 m et d'évacuer les quelques 2000 m3 (4) de remblais sur place.....
Un environnement à protéger
Le projet n'a pas été soumis à étude d'impact. Cependant, des mesures de protection des espaces naturels ont été prises avec l'installation d'une passerelle piéton pour éviter le piétinement le long du fossé jouxtant la RD 177, la sauvegarde de la flore (saxifrage cotylédon et de la faune locale (présence de la loutre avérée). Le chantier étant situé à proximité immédiate de la Réserve naturelle nationale du Néouvielle, de deux zones Natura 2000 et se déroulant en partie sur le site classé L"Oule-Pichaley, toute pollution eau/air devra, bien entendu être évitée et la pollution sonore réduite. Malgré l'usage des BRH (Brise Roches Hydrauliques) fortement bruyants (voir visuel) ainsi que les tirs de mine, le bruit devra être limité autant que faire se peut sur le chantier.
Armèle Cros, chargée de mission environnement SHEM, en collaboration avec le Conservatoire national botanique Pyrénées et Midi-Pyrénées, veilleront au respect de ces mesures environnementales.
Un fait divers tragique rappelé sur le terrain
A l'occasion des travaux, une épitaphe gravée dans un bloc rocheux a été trouvée dans le coursier du déversoir du barrage. (voir visuel). Elle rappelle un événement tragique : Clémence Michelier, la fille de François Michelier, Ingénieur en chef des ponts et chaussées qui est à l'origine du barrage d'Orédon s'est tuée en 1879, à l'âge de 7 ans, en tombant de ce rocher. Le bloc a été héliporté avec grand soin pour ne pas qu'il se fracture et déposé provisoirement sur le bord de la route à proximité du barrage. Voir visuel.
Philippe Villette
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(1) la contribution annuelle globale de la SHEM au soutien d'étiage du Système Neste à travers les trois barrages d'Orédon (10 Mm³), l'Oule (24 Mm³) et Caillaouas (14 Mm³) est de 48 millions de m3.
(2) Une mise en conformité de l'évacuateur qui devait être réalisée avant le 31 décembre 2025 mais qui a pris du retard du fait de difficultés pour trouver un accord entre l’Etat, la SHEM et les communes d'Aragnouet et d'Aspin-Aure, propriétaires des terrains situés en aval du barrage. L'accord recherchait la mise en place de servitudes ou la rétrocession des terrains à l’État.
S'en est suivi une procédure de déclaration d’utilité publique qui a permis d'actionner une procédure d’expropriation.
(3) Les travaux s'effectueront donc, en partie, en pleine période touristique sur juillet et août.
(4) 5500 m3 de remblais en tout pour l'ensemble du dispositif.