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Chacun en conviendra, la Réserve naturelle nationale du Néouvielle est un joyau naturel qu'il est nécessaire de préserver. Le changement climatique constitue une des menaces auxquelles elle est confrontée, rendant les écosystèmes qui la composent plus fragiles.
Mais elle n'est pas la seule.
Du fait de sa notoriété, la Réserve est soumise à la pression touristique. En effet, comme nous le précise Océane PASQUET, sa conservatrice, chaque année, elle est fréquentée par plus de 100 000 personnes dont certaines peuvent avoir une pratique "balnéaire" de la montagne*.
C'est dans ce cadre, en accord avec les acteurs locaux, qu'un arrêté a été pris le 04 juillet par le Préfet des Hautes-Pyrénées visant à préserver la vie aquatique et la qualité de l'eau dans la Réserve.
La baignade ainsi que l’ensemble des activités aquatiques (notamment l’usage d’embarcations, de paddle, ou d’engins flottants) y sont dorénavant interdits.
Ce mardi 22 juillet, sur les rives du lac d'Orédon, les principaux acteurs impliqués dans ce dispositif (Etat, Parc national des Pyrénées-gestionnaire de la Réserve- Justice ...) explicitaient les raisons de cette décision :
- la baignade de personnes ou d’animaux domestiques, peuvent générer différentes pollutions dans l’eau (résidus de crème et produits pharmaceutiques, microfibres, urines ou encore bactéries) qui perturbent l’équilibre et favorisent la dégradation des eaux des lacs au volume limité ;
- des agents pathogènes peuvent être transmis par des embarcations ayant navigué dans d'autres milieux ;
- sur les rives des lacs, le piétinement peut détruire des habitats et des sites de reproduction et d’alimentation pour des espèces protégées.
Sensibilisation avant tout
Au delà de la dimension réglementation, c'est surtout la posture de prévention que le Parc national veut mettre en avant. Comme le souligne Mélina ROTH, directrice du Parc, une majorité de visiteurs est consciente des dégradations possibles provoquées par les activités aquatiques et ne comprendrait pas que le gestionnaire ne prenne pas les mesures appropriées pour en limiter les effets.
Arnaud DAVID, directeur adjoint du Parc, explique par ailleurs, qu'un travail est mené en inter secteurs avec des organisations sportives et de loisirs pratiquant le canyoning, le ruisseling (randonnée pédestre et progression dans l'eau le long d'un cours d'eau), canoë, rafting ...afin d'évaluer les pratiques.
Les médiateurs pastoraux, les offices de tourisme, les agents du Parc, les accompagnateurs en montagne, association de randonneurs ... ont également ce rôle d'éducation vis à vis d'une population qui n'a pas une grande connaissance des milieux montagnards et de leur fragilité.
Aux abords des lacs (les laquettes, Aubert, Aumar, gourg de Rabas, lac de gourguet, lacs d'Estibère ...) et des cours d'eau de la Réserve, l'interdiction est désormais matérialisée par cette signalétique (voir visuel 3).
PV
* Depuis le Covid19, la typologie des touristes en montagne a évoluée : elle comprend dorénavant aussi des personnes recherchant avant tout la présence de points d'eau et l'éventuelle baignade. C'est pourquoi une réflexion est menée pour encadrer les pratiques en ces lieux (lacs mais aussi, rivières, ruisseau ...)
Des dispositions devraient figurer dans la nouvelle Charte du Parc national des Pyrénées qui sera présentée à son conseil d'administration en 2026.
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